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Description d'un élément de formation

Afin de bien identifier les propriétés d’un élément de formation (EF) et de bien les regrouper en des ensembles cohérents, nous allons partir de deux exemples réels du département Architecture des Systèmes d’Information (ASI) de l’INSA, l’un ayant eu au cours du temps une évolution quant à sa modalité de transmission (le cours “Introduction à la compilation”) et l’autre ayant des créneaux effectifs communs avec un autre cours (le cours “Document et Web Sémantique”). Ensuite nous prendrons un exemple qui n'est pas une offre de formation mais dont sa description est proche.

Premier exemple : cours “Introduction à la compilation”

L’objectif pédagogique du cours “Introduction à la compilation” est d’enseigner à des étudiants les différentes étapes de la création d’un compilateur ou d’un interpréteur en informatique. Ce cours est pragmatique, il n'approfondit pas les aspects théoriques de ce domaine scientifique. Il nécessite comme prérequis un bon niveau en algorithmique et en programmation C. Ce cours est sous la responsabilité d’un enseignant du département ASI.

Chaque année les étudiants qui suivent ce cours obtiennent une note qui est utilisée pour calculer une moyenne à une Unité d’Enseignement. Si cette moyenne est supérieure à dix, les étudiants obtiennent un certain nombre de crédits ECTS.

Ce cours existe depuis 2005. De 2005 à 2011, les étudiants inscrits à ce cours suivaient trois heures de cours magistraux et douze de travaux pratiques. Depuis 2012, ce cours est en e-learning, avec deux types d’activités pédagogiques (réalisation d'un livrable et étude de vidéos suivis de QCM d’auto-évaluation).

Deuxième exemple : cours “Document et Web sémantique”

L’objectif pédagogique du cours “Document et Web sémantique” est d’enseigner à des étudiants d’une part la gestion des documents numériques (validation, indexation, recherche) et d’autre part de leur faire découvrir le Web sémantique en partant du monde des métadonnées. Ce cours nécessite des compétences en technologie Web et XML. Ce cours est sous la responsabilité d’un enseignant du département ASI.

En 2015, il y a eu deux instances de cours, l’un classique où les étudiants étaient évalués à l’aide d’un examen et sur la réalisation d’un rapport, l’autre dit de découverte dont l’évaluation ne portait que sur le suivi des cours, des travaux pratiques et du rapport. Bien entendu, la charge de travail n’étant pas la même, le nombre de crédits associés était différent. Les activités pédagogiques étaient réalisées par deux enseignants du département ASI.

Analyse

Ces deux exemples montrent qu’un EF a plusieurs facettes :

  • une facette pédagogique qui décrit les objectifs d’un EF, ses prérequis, son contenu, etc.
  • une facette administrative qui décrit pour une instance d'EF les modalités d’enseignement, la période d’enseignement, les méthodes d’évaluation, l’obtention de crédits ECTS en cas de validation, etc. Les deux exemples montrent qu’une même facette pédagogique peut engendrer plusieurs facettes administratives.
  • une facette réalisation qui décrit l’ensemble des activités pédagogiques pour la réalisation d’une instance d'EF. Le deuxième exemple montre que plusieurs facettes administratives peuvent partager une même facette réalisation.

On peut donc organiser les propriétés qui décrivent un EF en niveaux tels qu’il y ait une relation d’instanciation entre un niveau supérieur et son niveau directement inférieur. Le niveau le plus haut, que l’on va nommer modèle est celui qui décrit les concepts permettant de décrire les EF. Son niveau inférieur, que l’on va nommer pédagogique est celui qui permet de décrire un EF d’un point de vue pédagogique. Enfin le plus bas niveau, que l’on va nommer réalisation, sert à décrire la réalisation d’un EF aussi bien en termes administratifs que d’un point de vue des activités pédagogiques.

Le schéma suivant présente une version simplifiée de ces trois niveaux pour le premier exemple (en effet dans l'ontologie finale nous allons distinguer l'activité pédagogique de l'acte pédagogique : une même activité pouvant être réalisée par plusieurs actes).

Les trois niveaux de schéma

Normalisation sémantique et engagement ontologique

Une fois les concepts principaux identifiés, il faut les représenter par des classes et les caractériser par des propriétés. La difficulté réside alors dans l’identification de ce qui est intrinsèque à nos classes et ce qui peut être partagé avec des classes d’autres domaines.

Pour bien comprendre cela, prenons en exemple un autre domaine, celui de la culture, et essayons de modéliser le concept de Festival Culturel en s'intéressant au “Printemps de Bourges” (PB) : “Le PB est un festival qui a lieu à Bourges en avril. En 2015, l’édition du PB a eu lieu du 24 au 29 avril sous la responsabilité de Daniel Colling. Il y avait au programme dans la salle ‘Le W’ Yaël Naïm qui s’est produite de 19h à 20h30”.

Nous constatons que l’on retrouve trois niveaux dans cette description :

  • un niveau modèle, le concept de Festival
  • un niveau culturel (équivalent du niveau pédagogique) le PB,
  • un niveau réalisation pour l’édition 2015 avec le Concert de Yaël Naïm

Nous constatons de plus que certaines caractéristiques sont communes avec notre domaine : caractéristiques événementielles (une période, un responsable), caractéristiques de lieu, etc.

Il semble donc inutile de modéliser ces caractéristiques au sein de nos EF, mais plutôt d’utiliser le concept d’instanciation multi-classes, c’est-à-dire le faite qu’une entité puisse être instance de plusieurs classes. Par exemple, un cours magistral est une activité pédagogique (instance de la classe Activité Pédagogique) et est en présentiel, ce qui implique une unité de lieu (instance d’une classe Lieu) et de temps (instance d’une classe Période), tout comme un concert est un spectacle (instance d’une classe Spectacle Culturel) avec aussi une unité de lieu et de temps.

La figure suivante présente une version simplifiée de la multi instanciation pour les CM et les TP.

Les trois niveaux de schéma